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COMPTE RENDU DE LA JOURNEE PORTES OUVERTES DE LA CUMA DE PRESERVILLE

 

 

Le 30 août 2015, s'est tenu à Préserville le vide grenier traditionnel qui attire toujours exposants et chalands. Profitant de cette journée de rassemblement festif, les membres de la CUMA de Préserville avaient organisé une journée portes ouvertes pour aller à la rencontre de la population locale et établir un dialogue avec les habitants et en particulier les riverains de leurs exploitations agricoles. Dialogue destiné à faire connaître leurs savoir-faire et leurs compétences dans la maîtrise des cycles de productions céréalières, depuis le  labour  jusqu'à la récolte, sans oublier les traitements phytosanitaires indispensables à l'obtention de bonnes récoltes. Cette rencontre et l'instauration d'un dialogue ont pris la forme d'un quiz et d'une séance de questions / réponses dont un riverain, participant à cette journée "portes ouvertes", a proposé d'établir le compte rendu suivant, pour témoigner de l'intérêt de cette rencontre.

 

Suite logique du remembrement des terres agricoles réalisé au cours des années 60 à 70, l’usage des produits phytosanitaires en grande culture s’est développé au cours des années 70 à 80. On a alors assisté à l'homogénéisation des savoir-faire. Il n’y avait plus, par exemple, qu'une « bonne » manière de cultiver le blé, basée sur l’usage intensif de pesticides, et visant à maîtriser tous les facteurs gênant l'atteinte du rendement maximum : semer le plus tôt possible, semer très dru pour n'avoir que de bons et beaux épis, alimenter la culture en éléments minéraux de manière à ce qu’elle ne manque jamais de rien, assurer une couverture phytosanitaire complète en éliminant les mauvaises herbes avant leur levée et les maladies avant que les symptômes n’apparaissent. Cette protection préventive était d’autant plus indispensable que les rotations courtes, les semis très précoces, les densités fortes et l’alimentation azotée fournie " à volonté " aggravaient les risques sanitaires. La chimie prétendait résoudre tous les problèmes et les pesticides étaient devenus les pivots des systèmes de culture.

Les années 90 ont été en réaction par rapport à ces approches. Elles ont remis  l’agronomie au centre de la réflexion sur les pratiques agricoles. L’ensemble des partenaires du monde agricole (recherche agronomique, industriels du secteur, cultivateurs) ont été mobilisés, en particulier sur l'identification et la mise en œuvre de stratégies de protection de cultures économes en pesticides et en produits phytopharmaceutiques. Ensemble ils ont travaillé à la mise en pratique  de tout ceci au sein des exploitations agricoles.

Aujourd'hui l’agronomie offre non seulement des solutions techniques pour limiter les populations de bio-agresseurs, mais également un cadre de raisonnement systémique pour choisir les techniques adaptées à chaque situation. Il n’y a pas  de combinaison « type » efficace pour maîtriser les bio-agresseurs : les combinaisons sont à construire au cas par cas, selon les moyens dont on dispose et les contraintes que l’on a. C’est le renouveau de la diversité : diversité biologique (rotations longues, associations, auxiliaires) de retour dans les champs mais aussi diversité des manières de conduire les cultures. C'est la valorisation des savoir-faire locaux, des innovations technologiques et des connaissances scientifiques. Les différents acteurs formalisent une démarche de réflexion, basée sur un diagnostic de la situation locale. Sont associés,  l’agriculteur, qui veut faire évoluer ses méthodes et ses outils, et ses supports techniques, qui l’aident à imaginer des alternatives, à les combiner, à les adapter, et à évaluer ce que ces alternatives lui feraient gagner (ou perdre), en termes économique, écologique, ou organisationnel. Ainsi l'agriculture raisonnée  résulte d’un travail collectif, dans lequel chaque partenaire (recherche, formation, ministères, développement agricole) a mis en débat ses connaissances et ses savoir-faire, pour construire un consensus.

Ce dialogue  allie de manière remarquable l'agriculteur et ses supports scientifiques et techniques. Le débat auquel la CUMA de Préserville nous a conviés en ce dimanche 30 août est dans la continuité de ce dialogue. II a montré, s'il en était besoin, que les exploitants agricoles préservillais ont bien intégré la nécessité et la richesse du dialogue et de la communication. Ainsi ont ils considéré logique et intéressant de répondre aux questions et de fournir toutes explications souhaitées aux autres habitants du village et en particulier aux personnes vivants à proximité de leurs parcelles. La date était bien choisie puisque ce dimanche de "foire à tout" annuelle qui assure l'affluence au village a également offert l'opportunité pour chacun de profiter de cette journée festive pour s'informer des méthodes et matériels utilisés par les membres de la CUMA .

En début de débat, chacun des membres s'est présenté et a donné les principaux chiffres caractérisant son exploitation. Ensuite  a pris place, sous forme de quiz, une présentation claire et ludique des principales caractéristiques et "chiffres-clés" (contraintes, performances, évolutions... ) :

  • Prix de la baguette de pain, à noter que la part du blé ne compte que pour 7%  dans le prix de vente du produit.
  • Fromage des besoins en eau

                       

A noter que le maïs,  cultivé comme plante fourragère, est comptabilisé avec les cultures fourragères. Dans ce cas là les apports en eau sont réduits, en temps et en niveaux, car l'obtention de gros épis de maïs n'est pas l'objectif recherché.

 

  • Installation des jeunes
    • La PAC
    • bruit et poussière: Intervention au cours de la période donnant la plus grande efficacité des produits. Ainsi la réduction des besoins en produits phytosanitaires, peut elle nécessiter des traitements de nuit.

Enfin les membres de la CUMA se sont prêtés au jeu des questions-réponses avec beaucoup de bonne volonté et de clarté.

 Après un repas très convivial ayant réuni une centaine de personnes, l'après-midi a été consacré à une démonstration des matériels agricoles. On pouvait plus particulièrement s'intéresser à l'engin de pulvérisation des produits herbicides et phytosanitaires, et à ses différentes composantes et systèmes:

  • localisation par GPS (20 cm près) pour la conduite de l'engin et l'autorisation des pulvérisations;
  • gestion des produits actifs et mouillants placés dans des réservoirs de stockage (détermination des quantités optimums: efficacité maximum pour une consommation minimum, absence de résidus ou traitement éventuel des résidus);
  • acquisition et affichage de la vitesse du vent, de la température et de l'hygrométrie de l'air, de l'humidité du sol, présence ou absence de soleil voire de lumière (travail de nuit);
  • choix du type et orientation des buses de pulvérisation "antidérive" dans l'optique d'obtenir une efficacité maximum pour des pertes de produits actifs réduites au minimum;
  • stabilisation des rampes portes-buses horizontalité et hauteur) de façon à toujours garantir la bonne orientation des buses donc l'atteinte des zones à traiter.

Bref un engin très sophistiqué, très couteux à l'achat et à l'entretien et dont l'usage se justifie par la volonté de disperser la totalité des produits de traitement sur les zones à efficacité maximum (terrain à la base des plantes, parties sensibles des plantes) et non dans l'air, en pure perte, ou de façon homogène et non raisonnée sur l'ensemble de la superficie de la parcelle. Bien que cette capacité ne soit pas requise sur les exploitations préservilloises, l'engin est capable de"savoir" où sont les mauvaises herbes. Il peut "savoir" aussi bien où, sur la parcelle, se trouvent les plants de la future récolte à traiter. Il le sait par ce qu'il a accès aux informations fournies par les photos aériennes et les photos satellite.

 Les agriculteurs de la CUMA Préserville savent, quant à eux, qu'ils travaillent de façon raisonnée et maîtrisée, dans le respect de l'environnement, et ils l'ont fait savoir à tous ceux qui avaient répondu à leur invitation à venir échanger avec eux.